PASTORALE : C’EST-A-DIRE ?
« A notre sens, dit Henri Bourgeois, la pastorale n’est pas à définir seulement comme une co-responsabilité. Il est important de la considérer également comme la participation à un ensemble et, corrélativement, comme un ensemble auquel prennent part des personnes et des groupes. » Dynamiques de la Pastorale
Les chapitres IV et V développent ce propos. Seize pensées en recueillent le fruit.
IV - Semences d’espérance
27. Vous recevez une lettre de mission ou une fonction. A quoi êtes-vous appelé(e) ? A quelle tâche commune allez-vous participer ? Et comment allez-vous favoriser la responsabilité de tous ?
28. La pastorale est une réalité forcément composite. Elle porte les traces d’hier et les germinations de demain. Elle assume des tempéraments multiples et des rythmes divers. Elle a affaire à des prudences mortifères et à des ardeurs novatrices. C’est à tout cela qu’il s’agit de participer, dans un souci effectif d’aider les gens.
29. Parfois il faut faire le point. Le poids des acquis devient en effet excessif. La pastorale monte en graine. Elle croule sous la masse des débats d’hier et des analyses périmées. Comment participer à cette tradition ? Sans doute en la connaissant autant que possible. Mais aussi et surtout en faisant le ménage et en réorganisant l’espace.
30. La responsabilité est une expérience personnelle : elle est toujours portée par des personnes. Mais elle est aussi partagée, solidaire, intégrée dans un ensemble. Et enfin elle est participative, c’est-à-dire inscrite dans une responsabilité fondamentale, celle de l’Eglise. L’art pastoral, c’est de relier entre eux les trois niveaux.
31. Si vous ne faites rien, inutile de parler de pastorale. Si vous faites tout tout seul, impossible de vous croire engagé(e) dans une pastorale.
32. La participation pastorale : pas seulement une formule, encore moins un slogan, mais l’expression d’un mystère de foi.
33. Participer à la pastorale de Jésus, à son art à lui, n’est-ce pas ce qui est le plus profond dans les rôles pastoraux que des chrétiens peuvent exercer ?
V - Brins d’attente
Un parfum biblique et une longue tradition, oui, mais le mot pastorale sonne aujourd’hui un peu bizarre… La « pastorale », selon les langages bibliques et chrétiens. DP. p. 95-96.
34. Il est bien beau de se dire berger. Il est pourtant plus important que le troupeau ne perde pas le Nord.
35. Il y a le chemin et le bercail, le déplacement et l’abri. Dommage que l’on choisisse l’un ou l’autre. Mais plus dommage encore d’imposer ce choix.
36. Qu’est-ce qui correspond au dévouement des uns ? Est-ce la passivité des autres ? Est-ce leur reconnaissance ? Est-ce leur nouvelle liberté ?
37. Vous parlez de diaconie. Le mot vous enchante. Mais que voulez-vous dire exactement ? Quel est le service réel que rend le groupe ecclésial dont vous êtes partie prenante ?
38. Ils disent que la métaphore du troupeau est désuète. Mais ils se rassemblent, à heure dite, sous le petit écran.
39. Faire, agir. Des mots que l’on emploie d’autant plus que l’on est peu porté à les pratiquer. La grâce de l’art pastoral ne serait-elle pas dans le courage d’oser, ce qui n’empêche pas de réfléchir ?
40. Le langage de ce siècle parle volontiers de « charge » pastorale. Pourtant le langage biblique parle plutôt de veille, de vigilance. Ne serions-nous pas trop portés à nous charger, voire à nous surcharger de bien des poids peut-être exagérés ? C’est Dieu qui, en Jésus-Christ, s’est chargé du monde.
41. Augustin, l’évêque vénéré en Occident depuis des siècles, parlait du « fardeau » qu’était pour lui le rôle épiscopal. Comme un paquetage de marcheur ou de soldat. Un poids à traîner. Peut-être était-il fatigué à certaines heures. Mais la pastorale doit-elle toujours avoir cette lourdeur ? N’est-elle pas aussi expérience d’émerveillement et d’admiration devant ce peuple qui, parfois, invente son chemin, appuyé sur celui qui nous a promis que son joug serait doux et son fardeau léger ? (Evangile selon Matthieu, 11, 30).
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