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Les communautés de foi

Une réalisation avec les nouveaux venus

LES COMMUNAUTES DE FOI.

Les nouveaux chrétiens, après leur baptême, souhaitent souvent poursuivre un partage de foi en petit groupe de croyants. Le style des grandes assemblées ne leur suffit pas. Pour répondre à leur demande, une forme de rencontres mensuelles avec une dizaine de personnes, autour de l’évangile, se mit en place, à Lyon, à partir de 1984. Il s’avéra par la suite que cette formule souple pouvait aussi correspondre à la demande de recommençants, et aujourd’hui elle apparaît à beaucoup d’autres une nécessité vitale. Voici la communication que fit à ce sujet Henri Bourgeois, aux Assises nationales du catéchuménat, en 1985.

Officiellement établies en 1990, les communautés de Foi furent, en 1992, rattachées à un autre lieu pastoral que le catéchuménat, pour être proposées aussi à des personnes ayant recommencé et désirant faire un temps de redécouverte et apprentissage de la vie chrétienne en Eglise.


"C’est une expérience toute simple, sans prétention.

I- ORIGINE

Il y a six ans, Jean-Pierre, néophyte, voulait faire quelque chose. On lui avait fait rencontrer des formes d’Eglise. Il allait à la paroisse : sa femme faisait du catéchisme. Mais lui rêvait d’autre chose :

- faire du neuf, au lieu de rejoindre ce qui existe déjà ;

- vivre dans un petit groupe de partage, analogue à ce qu’il avait vécu dans le catéchuménat.

L’équipe diocésaine a un peu hésité. Car on ne voulait pas « faire durer » indéfiniment le temps du catéchuménat. Et il ne s’agissait pas non plus d’envisager le catéchuménat comme une église autonome ou parallèle.

En même temps, il s’agissait d’être fidèle à la question de Jean-Pierre (et de quelques autres). Et aussi aux appels que le catéchuménat comme tel entend, chemin faisant, et qui sont peut-être des appels spirituels.


II- REALISATION

Il a donc été décidé d’aider les néophytes qui le souhaitaient à constituer une communauté de foi. Sachant bien que cela ne règle pas tout dans les difficultés de la vie ecclésiale et chrétienne.

Voici quelques traits de ces communautés de foi, encore petites et volontairement provisoires :

- elles ne « suffisent » pas. Il est dit qu’il y a la paroisse, les mouvements, les groupes de services ecclésiaux, etc. Et, pour que cela soit net, il n’y a pas de célébration eucharistique dans la communauté. Si les membres du groupe veulent célébrer, ils se joignent à une paroisse, à une assemblée, etc.

- les communautés de foi ne sont pas le catéchuménat. Elles n’en font pas partie. Autrement dit, un groupe d’accompagnement catéchuménal ne devient pas une communauté de foi, il ne se transforme pas en elle. La communauté de foi est « autre chose ».

- style tout simple : une rencontre mensuelle, avec deux temps (partage de la vie, partage d’évangile et prière) – amitié et cordialité. Cela en monde urbain, mais aussi en monde rural.


- Pas de prêtre habituellement. C’est un laïc, un couple (parfois celui du néophyte lui-même) ou un(e) chrétien(ne) un peu expérimenté, qui anime la communauté (pour une année) et qui en est la mémoire.

- Le service diocésain du catéchuménat aide. [1] :

a) En envoyant un choix de thèmes et de questionnaires simples (un courrier bimestriel)

b) En proposant une rencontre annuelle d’animateurs.


- Les communautés de foi sont appelées :

a) au provisoire : pas nécessaire de durer indéfiniment, certains et certaines peuvent être appelés à autre chose.

b) A l’accueil des étrangers (cet accueil a été vécu pendant le catéchuménat) ;

c) A l’attention et à l’accueil des personnes qui « recommencent à croire » et qui sont désireuses de retrouver ou de découvrir la foi.

d) A éviter la monopolisation par les personnes ayant des capacités de parole ou d’analyse.


III – SIGNIFICATION INSTITUTIONNELLE

Notre catéchuménat diocésain comprend et souhaite une « définition » un peu claire de son rôle. Il n’a pas responsabilité en tout domaine.

Mais, à cause même de la vie, il y a des ouvertures, des déplacements. Ceux que nous vivons actuellement dans l’équipe diocésaine :

- les gens qui recommencent à croire ;

- l’importance de petites communautés simples dans l’Eglise de France actuelle.

Le catéchuménat (et pas seulement les catéchumènes) a un rôle possible dans les initiatives pratiques pouvant faire bouger (même peu) la vie ecclésiale."


Henri BOURGEOIS,

Communication faite aux Assises Nationales du catéchuménat, Avril-mai 1985, à la session de Poitiers.

Notes

[1]Il y eut à ce sujet une évolution normale. Nées du catéchuménat ces communautés furent aidées, à partir de 1992, par l’Espace urbain de recherche pastorale, Espace Ste Marie, qui accueillait aussi des recommençants.


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