L’évangélisation en Occident aujourd’hui
Le livre d’Henri Bourgeois : Théologie catéchuménale (1e éd. 1991) a pour sous-titre : A propos de la nouvelle évangélisation. Un thème que l’auteur jugeait « obsessionnel », au siècle finissant… Né d’une longue pratique catéchuménale et d’une réflexion de théologie pratique, il reprend, en conclusion, cinq enjeux examinés dans le livre :
1. une théologie pratique ;
2. la demande des adultes ;
3. une conversion ecclésiale ;
4. une actualité culturelle ;
5. l’évangélisation en occident aujourd’hui.
Nous proposons aujourd’hui ce dernier enjeu que la création par Benoît XVI d’un nouveau dicastère pour la « nouvelle évangélisation » rend particulièrement actuel. Pour un meilleur affichage, nous avons disposé en paragraphes ce texte continu et dense, qui a forme de récapitulatif. En souhaitant aux lecteurs de pouvoir aborder, seuls ou avec d’autres, la lecture intégrale du livre qui est le fruit d’une vie de pasteur.
Un dernier enjeu considérable que perçoit une théologie catéchuménale porte sur ce que l’on nomme classiquement l’évangélisation. Thème important, presque obsessionnel même, en ce siècle finissant. Ce qui se comprend. Le christianisme ne peut être lui-même sans se risquer au contact de ce qu’il n’est pas. On ne peut être disciple de Jésus sans espérer pouvoir témoigner de lui.
I. Une des formes de l’évangélisation
La pratique catéchuménale est une des formes de l’évangélisation. A sa manière propre, elle constitue un bon lieu d’observation sur le rapport entre la foi évangélique et le monde contemporain.
On peut d’abord envisager ce qu’est l’évangélisation du point de vue de ses visées. Elles sont multiples.
Evangéliser, c’est annoncer l’Evangile pour que des êtres humains le connaissent et puissent vivre de lui.
Mais c’est aussi exercer une influence sur la société, cette influence n’étant pas forcément religieuse et pouvant être une contribution à l’humanisation.
On peut encore dire que l’évangélisation consiste à assurer la tradition de la foi, c’est-à-dire la mémoire de Jésus au long des âges, avec ce que cela suppose de fidélité et de réexpression permanente du message chrétien.
Evangéliser, c’est également faire naître l’Eglise, les communautés chrétiennes, ou éventuellement les faire renaître.
Enfin, l’évangélisation a forme d’initiation ou de réinitiation : c’est un travail dans lequel la foi advient à sa cohérence et à sa maturité essentielle.
Dans ce contexte, il est clair que l’action catéchuménale n’est pas un élément accessoire de l’évangélisation. Elle ne suffit évidemment pas pour le service de l’Evangile. Mais elle est indispensable si la foi doit prendre densité personnelle et acquérir une structuration qui lui permette de respirer et de se développer.
II. En quels domaines elle s’exerce, en priorité….
Une autre manière d’analyser l’évangélisation, c’est d’identifier les domaines de l’expérience humaine sur lesquels elle s’exerce par priorité. Ici encore, la liste est longue.
L’Evangile a évidemment rapport avec ce que l’on fait dans le quotidien et dans des organisations.
Il entre en relation avec la prière ou la capacité de méditation qui est en l’homme.
Il va à la rencontre du désir de connaître et de comprendre, ce qui donne lieu à la catéchèse.
Il peut rejoindre également la maladie ou le désir de guérison et entrer pour partie dans un travail thérapeutique.
Ou encore il réagit sur la culpabilité pour y inscrire la paix et la libération.
Il est également en mesure de prendre part à la vie collective dans la ligne de l’égalité, de la démocratie et du service.
On peut encore le voir à l’œuvre dans l’ordre culturel pour aider les évangéliser à comprendre la culture de leur époque et pour y porter quelque perspective ou quelque inspiration renouvelées.
Enfin, il intervient dans les relations entre des êtres de nations différentes, de races diverses, pour favoriser la compréhension entre les peuples et réduire le racisme.
Le travail catéchuménal me semble avoir sa part dans ces champs d’évangélisation. Il se réalise dans l’ordre religieux de la prière, de l’amour et de la libération mais aussi dans le rapport à autrui, que ce soit le voisin immédiat ou celui auquel relient les relations longues de la vie sociale et de la culture.
III. Selon quelles modalités ?
Enfin, on peut analyser l’évangélisation quant à ses modalités. De ce point de vue, l’Evangile peut opérer de manière spontanée ou de façon organisée. Le témoignage est possible sous ces deux formes.
Comme l’action catholique qui assume les relations collectives, comme les nouvelles communautés qui instituent plus ou moins leur action évangélisatrice, comme la nouvelle évangélisation dont les projets semblent mobiliser moyens de toutes sortes et imagination, le catéchuménat constitue une forme organisée de l’évangélisation. On peut relier cette manière d’agir à son caractère institutionnel.
Le catéchuménat est en effet une institution qui se caractérise non seulement par sa méthode, mais aussi par les personnes auxquelles il s’adresse spécifiquement et dont l’expérience se formule en termes de commencement ou recommencement.
Voir : Bibliographie :Théologie catéchuménale. À propos de la « nouvelle évangélisation ».
On pourra se reporter à des études concernant cet ouvrage : Théologie catéchuménale. À propos de la « nouvelle évangélisation » : vue d’ensemble
Pour connaître l’auteur voir : Vie et Oeuvre