Il n’y a qu’un pas….
Du livre au cédérom
Quand je regarde ma première vie de croyant, j’ai envie de dire : « Dieu était mon plus beau meuble ». Aujourd’hui j’ai envie de dire : « Dieu est mon plus beau risque ».
* Fin de matinée, sous le soleil déjà chaud d’un printemps méridional. Après une flânerie aux alentours de la place aux Herbes, me voici sur la place du Duché. En face de la masse imposante de son château, une petite librairie, une librairie catholique. Je sais très bien ce que je suis venu chercher, même si ma mémoire n’arrive plus à retrouver comment je me suis mis en quête de ce livre. Je sais très bien ce que je suis venu chercher : Redécouvrir la foi. Les recommençants (H. Bourgeois, DDB, 1993).
Car, je le pressens, je suis, en ce moment, en recommencement, et à la lecture de ce livre, je retrouve une nouvelle identité ecclésiale. Entre l’incroyant libre et heureux que je fus, et le disciple (ambitieux de me nommer ainsi ?) libre et heureux que je fus ensuite, existe une identité enfin reconnue : celle du recommençant, même si mon traitement de texte s’acharne, depuis des années, à ne pas reconnaître ce mot comme nom commun… Même si, bien entendu, je suis très loin de me reconnaître dans la description que fait Henri Bourgeois de cet itinéraire (et, pour moi, en tout cas, c’est plutôt un élément positif…), l’essentiel est ailleurs. Mes découvertes, ma démarche, cette nouvelle nouveauté, sont reconnues dans un livre, et même dans le livre d’un théologien, ce que je prends, un peu rapidement d’ailleurs, comme une reconnaissance de l’église catholique.
Alors, de ma Drôme à son Rhône… il n’y a qu’un pas…
J’ai rencontré Henri Bourgeois deux fois, deux fois seulement, et j’en garde le souvenir précis d’un homme qui sait écouter, un homme qui aime écouter, un homme pour qui l’écoute devance (aux trois sens qu’en donne le dictionnaire : surpasse, prévient, précède) la parole. Et chacun le sait, pour peu qu’il ait quelques années de recul : la vie est rarement un long fleuve tranquille, ce n’est que plus tard, bien plus tard, que j’ai repris contact. Mais la vie et la mort étaient passés… Et Marie-Louise Gondal m’a invité à l’assemblée générale des Amis d’Henri Bourgeois.
Lors de cette AG, Marie-Louise, constatant une demande (de chercheurs scientifiques et de chercheurs de sens) d’accès aux livres d’Henri Bourgeois (épuisés en librairie), esquissa l’idée de mettre ses écrits à la disposition d’un grand nombre de lecteurs via l’informatique. Appel à volontaires !
Petite note technique à l’intention de ceux qui ont peu d’affinité avec l’informatique :
La demande était de scanner les livres d’Henri Bourgeois.
Scanner, cela consiste à photocopier une page (texte ou image) et à stocker cette photocopie sur son ordinateur afin de pouvoir la consulter à la demande.
Scanner, ou numériser, c’est transformer une image en une succession de chiffres (de codes en quelque sorte), tout simplement. Fin de la petite note
Sans être un spécialiste de la scannérisation, j’ai cependant une expérience en informatique, et j’ai du temps.
Alors j’ai commencé à scanner… à tour de bras !
Mais techniquement, il y a loin de la coupe aux lèvres.
Apprendre le logiciel de numérisation de mon imprimante est un premier pas, nécessaire mais largement insuffisant.
Premier problème : les bords de la page ne sont pas nets, les reliures entre deux pages créent un espace incertain : trouver un logiciel, pour mettre à blanc des parties entières de pages…
Au fur à mesure des livres scannés, nouvel obstacle : certains livres ont un papier plus fin et quand je scanne, recto et verso se mêlent : rveecrtsoo…
Nouvelle recherche sur le web, nouveau logiciel, mais cela fait déjà trois logiciels, donc trois traitements, pour chaque page.
« Jamais trois sans quatre » ! Il y aura donc quatre passages par feuille.
En effet, pourquoi, à ce stade, se priver de l’OCR ? (Optical Character Recognition), reconnaissance optique de caractères.
Il s’agit simplement de transformer une page scannée (numérisée) en lettres, mots et phrases directement modifiables.
Chacun peut imaginer la richesse de cet outil pour faire des recherches dans des textes !
C’est tout de même entre 10 minutes et un quart d’heure par page.
(Si un lecteur providentiel a des solutions radicalement plus rapides… je suis preneur !).
Nouveau problème… J’avais réalisé une belle application, une véritable application de pro, qui permettait la lecture des livres numérisés, mais aussi d’aller directement à une page choisie, et de rechercher un mot précis dans tout un ouvrage, et même d’imprimer le résultat de ces recherches. Mais ce travail avait un tout petit inconvénient : il refusait obstinément de fonctionner sur un Mac…
Alors, je suis parti à la recherche d’outils transportables indifféremment sur les deux plates-formes informatiques. Ce sera le langage Html et Acrobat Reader.
En marge de la numérisation des livres d’H. Bourgeois se posent des questions, à la fois périphériques et essentielles : quel support informatique, quel public viser ?
Un projet se forme peu à peu. L’idée d’un cédérom fait son chemin : mise à disposition d’un outil pour les chercheurs, accessible aux accompagnateurs de catéchumènes et de recommençants, mais aussi présentation vivante d’un homme, d’un théologien, d’un pasteur.
Aujourd’hui, plusieurs livres et des cassettes audio ont été numérisés, regroupés et présentés dans un cédérom projet qui, pour l’instant, comprend les chapitres suivants :
Tout ceci est encore un vaste chantier…
Revenir à l’introduction de la rubrique : Amitiés Henri Bourgeois ;
Retour à la page d’accueil du site : Bienvenue