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Catéchèse et communication

CATÉCHÈSE ET COMMUNICATION

Texte manuscrit, pour le livre sur« Ecclésiologie et Communication ».

 [1]


Votre voisine prend part à la catéchèse d’un groupe d’enfants. Est-elle une « communicatrice ? J’imagine que, si vous le lui disiez, elle serait probablement étonnée. Ce n’est pas le terme de communication qui lui importe. Simplement elle aime les enfants et elle veut partager avec eux ce qui la fait vivre dans sa foi.

L’un de vos amis est inscrit à une série de conférences sur la foi chrétienne aujourd’hui. Cela l’intéresse. A-t-il l’impression de communiquer avec le conférencier ? Peut-être, ce n’est pas sûr. De toute manière, il est probable qu’un tel point de vue lui semblerait un peu banal. Communiquer ? Oui, sans doute. Mais qu’est-ce que cela ajoute ?

Effectivement, aujourd’hui, il est fréquent de parler de communication en christianisme. La catéchèse n’échappe pas à cet engouement. Mais est-ce seulement une mode ? Est-ce un jeu de langage qui ne change pas grand chose à la réalité ? Je voudrais vous inviter à vous le demander avec moi.


1. La catéchèse entre parfois dans la communication par une porte étroite.

Étymologiquement, le terme de catéchèse doit à son origine dans le grec ancien une signification qui évoque des phénomènes de résonance ou de vibration. La parole de Dieu cherche et trouve de l’écho dans l’expérience humaine et y devient parlante. Mais, bien entendu, cette étymologie que ne manquent pas de rappeler les gens savants ne dit pas grand chose sur la manière dont le processus catéchétique peut être compris en termes de communication. Il faut donc observer la pratique. La question ne devient cependant pas claire tout de suite car les pratiques catéchétiques sont diverses selon les lieux, les habitudes, les communautés. Je profite donc de l’occasion pour souhaiter, dès le début de ces propos, que vous ne perdiez pas de vue votre propre connaissance en ce domaine.

- À mon avis, très souvent, on se contente d’intégrer le point de vue de la communication à la catéchèse, en allant au plus court, avec une perspective très limitée. On insiste par exemple pour incorporer aux moyens de catéchèse des éléments audio-visuels (diapos, vidéo, musique etc.). C’est donc la technologie qui caractérise alors la communication. Certes elle compte. Les observateurs de la culture médiatique nous ont assez dit, ces dernières années, que la base technologique était ici de très grande importance. Mais je crois que cette conception est étriquée. On incorpore l’audio-visuel à une pratique de la catéchèse inchangée. On satisfait un désir de trouver des moyens plus adaptés pour transmettre un message. Mais on ne se demande pas si la communication impliquée par la situation ädeã catéchèse est assez honorée de la sorte.

- Autre constatation : des personnes qui travaillent comme catéchistes se servent parfois du schéma vénérable mais très linéaire de Lasswell. Il y a, disent-elles, un destinateur et un destinataire ou encore un émetteur et un récepteur. Et entre eux il y a le message qui circule et qui suppose un code, une réalité qu’il atteste (un « référent ») et un contexte où il s’inscrit. Ce schéma semble parfois leur plaire beaucoup. Il leur permet d’imaginer ce qui a l’air de se passer quand elles entrent en relation avec des enfants ou des adultes à qui elles annoncent la parole de Dieu. Voilà qui leur est utile. Mais, en réalité, les choses sont plus complexes. La communication n’est pas simplement la transmission, plus ou moins adaptée, d’un message. C’est une forme de la société, un ensemble de connexions qui se croisent en tous sens. Elle demande donc un point de vue plus large, plus culturel, que celui qui met en rapport un émetteur et un récepteur. La catéchèse, autrement dit, se découpe dans un champ « communicationnel » bien plus large qu’elle et qui constitue son « ground ».

- Troisième manière également trop limitée de comprendre la communication en catéchèse : c’est celle qui s’intéresse aux effets produits par un message. À nouveau, ce point de vue n’est pas sans valeur. Effectivement une catéchèse produit en principe des conséquences que l’on peut (parfois) observer chez les catéchisés (connaissances religieuses accrues, sensibilité développée pour la Bible et pour la prière etc.). Mais, comme précédemment, je crois que cette manière de comprendre est restreinte. Elle ne prend pas en compte l’ensemble social où les effets en questions se produisent. Souvent aussi elle ne considère ces effets qu’à sens unique, c’est-à-dire produits par les catéchistes chez les catéchisés, comme s’il n’y avait pas aussi des effets survenant dans l’autre sens, chez les catéchistes à partir des catéchisés (déception ou émerveillement, confirmation dans la foi etc.). Je pense qu’il faut adopter une vision plus étendue de la vision catéchétique, en dépassant l’expérience immédiate.


2. La catéchèse est une pratique qui prend place dans le champ social et ecclésial global.

À vouloir trop élargir le point de vue, on risque évidemment de céder à la confusion et au flou. Je crois cependant que l’enjeu est plus simple qu’il ne paraît.

Il s’agit en effet de considérer que catéchistes et catéchisés ne sont pas seulement ce que ces deux termes désignent. Ils ont d’autres rôles, d’autres statuts, d’autres visages. Ils sont aussi, les uns et les autres, des citoyens adultes ou des enfants scolarisés, des êtres masculins ou féminins, des consommateurs, des gens de ce siècle qui finit etc.

Ces multiples identités partielles contribuent à les définir personnellement : chacun s’approprie ses caractéristiques. Mais ces identités sont sociales. Je veux dire qu’elles correspondent à des images ou des modèles qui circulent dans un groupe social. Chaque être se personnalise en fonction du social qui l’entoure et qui l’habite.

Par ailleurs ces multiples identités partielles sont liées entre elles tant dans la vie sociale que dans la psychologie et la spiritualité des personnes. Dès lors que l’une d’entre elles est en jeu, les autres interviennent plus ou moins explicitement, comme des virtualités en réserve qui peuvent, le cas échéant, se manifester. On peut donc dire que, lorsque l’identité catéchétique s’actualise, les autres caractéristiques ne sont pas loin et peuvent éventuellement interférer.

Reste à préciser comment on peut organiser ce champ des identités socio-personnelles. Je pense que le mieux est de le constituer à chaque fois, en chaque situation, à propos de chaque catéchèse. Cela évite les généralités abstraites. J’ai également l’impression qu’il est pertinent d’organiser le champ de deux manières distinctes, du point de vue social et du point de vue ecclésial.

Envisageons d’abord le point de vue social. Etant entendu que je me place ici dans la situation de catéchèse, il est possible de considérer que certaines identités sont probablement plus notables que d’autres parce qu’elles semblent plus souvent mobilisées quand opère la catéchèse. Je pense notamment à l’âge et au sexe, à la situation familiale et au type de sensibilité (affective, esthétique) que chacun a. Ou encore, pour les adultes, à la situation de travail (type d’emploi, chômage) et à la position que l’on a ou que l’on estime avoir dans le corps social. Ces éléments se trouvent à la fois chez les catéchisés et chez les catéchistes. La relation catéchétique est donc plus ou moins affectée par les connivences ou les différences qui se manifestent alors. La manière dont tout cet ensemble äpeutã vivre dépend de multiples facteurs conjoncturels et on ne sait pas d’avance ce qui va se passer.

Si l’on envisage la situation catéchétique du point de vue ecclésial, on peut faire des observations analogues. Catéchistes et catéchisés sont plus ou moins touchés par la situation ecclésiale du moment, les images que l’on s’en fait, les événements qui la qualifient. Et cela, d’une double façon. Il faut en effet identifier la manière dont les chrétiens se comprennent eux-mêmes, envisagent la société de leur époque, expriment entre eux les relations fraternelles ou réconciliées auxquelles la foi les appelle. Mais il y a aussi la manière dont la société se rapporte à l’Eglise, la conteste ou l’approuve, la bouscule ou l’utilise. Cela également intervient, plus qu’on ne le pense parfois, dans le processus catéchétique. Autrement dit, la catéchèse n’est pas seulement proposition et transmission d’un message. Elle est aussi travail sur des représentations sociales et ecclésiales que les uns et les autres portent en eux.

Pour adopter un langage plus classiquement théologique, je dirai que la catéchèse est l’un des lieux du rapport entre l’Eglise et le monde, l’un de ces lieux où les personnes s’identifient elles-mêmes grâce aux significations multiples qui circulent et parfois malgré ces significations.


3. Dans l’espace public de communication où la catéchèse s’insère et où se réalisent de multiples interactions, il faut aussi repérer l’image qu’a la catéchèse, celle qu’elle donne d’elle-même.

Curieusement, le fait que la catéchèse soit non seulement une opération mais aussi une image, une symbolique, semble peu prise en considération. Certes, les textes récents les plus autorisés, par exemple l’exhortation apostolique Catechesi tradendae de Jean-Paul II (1979), ou le document du conseil international catholique de la catéchèse sur la catéchèse des adultes dans la communauté chrétienne (1990) mettent l’accent sur le fait que l’acte catéchétique a un projet, des méthodes, des moyens. Mais cette signification reste générale. Dans la pratique, elle s’accompagne d’une figure très variable, tant chez les catéchistes que chez les catéchisés. Tantôt elle passe pour fortement structurée, soucieuse de donner des points de repère précis et finalement d’assimiler les catéchisés à l’ordre chrétien dont les catéchistes sont plus ou moins les témoins et les chargés de mission. Tantôt elle est taxée de flou généralisé, de verbiage sentimental, de temps perdu, de démission devant les normes du temps présent.

Je ne veux pas entrer ici dans ce débat, largement idéologique et probablement peu intéressant. Mais il me semble indispensable que la réputation de la catéchèse entre, pour partie, dans son crédit et par conséquent son efficacité. Tout se passe, en effet, comme si les paroles officielles au sujet de l’action catéchétique étaient pratiquement moins importantes que l’image que l’on a de cet agir chrétien. Image souvent passionnelle et polémique. La catéchèse aujourd’hui n’est pas seulement une pratique classique et traditionnelle. C’est aussi un test tenu pour significatif au sujet de la sensibilité évangélique et ecclésiale. Et c’est un enjeu, les groupes chrétiens s’affrontant sur ce point dont ils savent les conséquences pour l’avenir.

Toutefois l’image que je viens d’indiquer ne suffit pas pour assumer ce qui fait la réputation de la catéchèse dans l’opinion publique. Il me semble en effet qu’un autre fait intervient, fait qui tient à la conjugaison, en un lieu donné, entre les diverses formes de catéchèse.

Il est bien connu en effet que la situation catéchétique varie selon que les catéchisés sont des enfants ou des adultes. Catechesi tradendae y insiste, à juste titre. Mais il faut bien avouer que la catéchèse d’adultes est souvent très minoritaire par rapport aux effectifs et aux investissements que suscite la catéchèse des enfants. Il en va d’ailleurs ainsi pour bien d’autres réalités chrétiennes, en particulier pour le baptême, trop souvent perçu comme étant pratiquement réservé aux nouveau-nés. Toujours est-il que cette image enfantine, souvent dominante, exclut de fait les formes de catéchèse proposées à d’autres que des enfants. Pour la plupart des chrétiens, qui dit catéchèse veut dire enfance. Après, c’est trop tard ! Ou ce n’est plus de saison. Il y a donc un travail à faire de la part des communautés chrétiennes pour modifier peu à peu cette image unilatérale. L’opinion publique, celle des chrétiens comme celle des non chrétiens, doit pouvoir mieux percevoir sur ce point la diversité des propositions ecclésiales.

Toutefois, en ce domaine, l’une des difficultés tient à ce que les responsables chrétiens ont souvent une vue trop restreinte de ce qu’est la catéchèse d’adultes. Je note à nouveau que les textes romains en parlent assez bien (Catechesi tradendae, n° 43-44). Mais la pratique ne suit pas. En d’autres termes, la communication entre les autorités supérieures ou les experts et la « base » ou les pratiques du « terrain » se fait mal. Résultats : ou bien on confond la catéchèse d’adultes avec la formation des chrétiens en vue de telle ou telle tâche, ou bien on réserve pratiquement la catéchèse aux personnes qui ont des moyens intellectuels et culturels d’entrer dans des discours assez savants, ou bien on méconnaît qu’il est aujourd’hui des personnes qui commencent ou recommencent à croire et qui sont donc catéchumènes ou en situation catéchuménale (s’ils sont déjà baptisés). Ce déficit me semble grave. Il met en jeu la catéchèse du point de vue de la communication en lui donnant une figure a priori limitée qui ne correspond pas aux appels actuels. Ainsi donc l’image de la catéchèse chrétienne est trouble. Soit parce qu’elle est critiquée soit parce qu’elle est trop peu déployée. Les meilleures bonnes volontés ne peuvent rien sans un changement de cette image. Mais il faut reconnaître que l’image en question exprime de manière assez exacte l’état d’une Eglise (surtout catholique, en l’occurrence) qui est traversée par des conflits de sensibilité ou qui vit encore comme si l’évangélisation des enfants était la forme suffisante de la mission chrétienne.


4. Le travail de la catéchèse, s’il s’est renouvelé considérablement depuis une cinquantaine d’années, a besoin d’aller de l’avant sans s’endormir, pour habiter suffisamment l’âge de la communication.

Depuis les catéchismes par questions et réponses, où l’enseignement et la mémorisation avaient le rôle central, il s’est passé bien des rajeunissements dans les méthodes, les manières de faire et les moyens utilisés. Mais j’ai peur que l’on en reste, en cette fin de siècle, à des formules qui deviennent insuffisantes.

Certes il y a une « vulgate » actuelle de bien des catéchistes, tant dans la catéchèse d’enfants que dans celle menée avec des adultes. Les catéchistes savent bien qu’ils ont à faire attention à leurs partenaires, à leurs attentes, à leurs expériences. Ils comprennent que les catéchisés ne sont pas et ne peuvent pas être passifs et qu’ils sont eux-mêmes, pour leur part, sujets ou acteurs de la recherche commune. Ils n’ignorent pas que l’enseignement a sa place mais n’a pas toute la place et que la connaissance doit aller de pair avec la sensibilité, l’affectivité et, autant que possible, la pratique ou l’action. Tout cela que je pourrais détailler plus encore, bien entendu, fait plus ou moins partie du bagage catéchétique actuel. On notera au passage que cette évolution est due non seulement à la méditation évangélique mais également à la transformation de l’éducation et de la pédagogie. Si bien que la « nouvelle catéchèse » résulte d’une communication avec la culture contemporaine.

Mais il me semble que le monde de la communication où nous sommes entrés oblige la catéchèse à ne pas en rester là.

Il ne suffit pas, en effet, de parler de réciprocité ou d’interaction. Il faut préciser comment cela est possible pratiquement. Or, si l’on est d’accord avec l’aspect socio-culturel dont j’ai parlé plus haut, on voit sans doute que la négociation qu’appelle la catéchèse dépasse de beaucoup le savoir-faire pédagogique ou les techniques de groupe. Il s’agit de vivre la relation catéchétique en fonction de cet horizon large que l’on nomme le monde et l’Eglise.

Dans le concret, cette perspective me paraît appeler trois accents pratiques : clarifier les conditions de possibilité de l’opération catéchétique, entrer en relation avec l’incroyance ou l’indifférence actuelle, enfin faire retentir dans l’Eglise la voix (même discordantes) des catéchisés. Je voudrais m’arrêter brièvement sur chacune de ces trois tâches.

- Tout d’abord l’acte de catéchèse suppose de part et d’autre, chez les catéchistes comme chez les catéchisés, une sorte de pacte de confiance qui ne va pas de soi. S’en remettre à autrui, quel qu’il soit, pour ce qui concerne la région la plus intime et la plus décisive de soi, voilà qui requiert une simplicité assez étonnante, quand on y songe. C’est peut-être en notre époque où la catéchèse traverse des crises qu’elle a cette chance, presque inattendue, de réaliser combien, humainement et spirituellement, elle constitue une relation assez exceptionnelle. Cela dit, la catéchèse ne peut se développer que si l’on a le temps. Et voilà bien une seconde donnée surprenante pour nombre de gens aujourd’hui qui sont sur-occupés ou qui se fatiguent vite. À nouveau donc, la catéchèse croise ici la culture présente et doit s’expliquer avec elle. Car la communication ne pourra s’établir entre catéchistes et catéchisés que si les uns et les autres clarifient leur rapport avec le manque de temps comme avec le défaut de confiance ou l’excès de défiance qui parfois nous affectent actuellement.

- En deuxième lieu, la catéchèse actuelle ne peut affronter la dimension collective de l’existence que si elle est attentive à ce que l’on nomme couramment l’incroyance et l’indifférence. Un peu usé, le premier de ces deux mots désigne une situation spirituelle qui n’a rien de creux (on peut croire « en l’homme ») mais qui se perçoit comme étrangère aux attitudes et significations religieuses. En ce sens, l’incroyance marque la distance entre le message chrétien et l’intérêt fort différent qui est celui de beaucoup de nos contemporains. Quant à l’indifférence, elle exprime un désintérêt plus ou moins généralisé pour les perspectives globalisantes ou les projets à long terme, c’est-à-dire en particulier le religieux et le politique. La distance entre le christianisme et la culture, déjà nette quand il est question de l’incroyance, s’accroît donc avec l’indifférence.

On me demandera probablement pourquoi je parle ici de ces deux données qui marquent nos sociétés, étant donné que les catéchisés sont, eux, orientés positivement vers le christianisme. Que la catéchèse se réalise, en effet, et voici qu’au moins en principe un certain intérêt pour le religieux et pour l’évangile fait partie de ce qui est ou de ce qui sera présent dans la situation. Mais précisément bien des catéchisés de notre temps, y compris des enfants, sont plus affectés qu’on ne le pense par l’incroyance et l’indifférence. Ils s’en reconnaissent à tout le moins solidaires, du fait de leur entourage ou de leurs relations, voire en raison de l’époque à laquelle ils se sentent appartenir. Dès lors la catéchèse doit traiter cette référence ou cette appartenance. Et elle ne peut le faire sans élargir son horizon. Il lui faut percevoir que ce qui se joue ici et maintenant consonne avec ce qui se manifeste là et là, de plus en plus.

- J’en viens alors à une troisième tâche de la catéchèse chrétienne qui, elle aussi, passe par la communication. Je veux parler de l’impact que les catéchisés doivent avoir dans l’Eglise. Leur expérience, leurs difficultés, leur manière d’exprimer la foi, leur façon d’en vivre, voilà qui doit s’inscrire dans les groupes chrétiens pour les stimuler, parfois les secouer, souvent les renouveler. Il faut cependant reconnaître que cette perspective est rarement retenue. Par exemple bien des textes romains ou diocésains relèvent que la catéchèse doit avoir une dimension communautaire et impliquer la participation de la communauté. Soit, encore qu’il faille voir de près ce que cela signifie. Mais il n’est pas dit que l’Eglise reçoit quelque jeunesse de la part des catéchisés et probablement aussi de la part des catéchistes, en raison de leur communion avec les catéchisés.


5. L’opération de catéchèse, envisagée du point de vue de la communication, est non seulement une relation entre des perspectives mais également une interaction entre des ordres de valeurs et de signification.

Pour expliciter cette nouvelle proposition, je commencerai, une fois encore, par faire état de ce qui se dit communément. Selon cette perception, la catéchèse qui est interactive est cogérée par les catéchistes et les catéchisés dans une relation réciproque. On ajoute cependant que cette réciprocité n’est pas totale précisément pace que les catéchistes portent une parole dont ils sont témoins, la Parole divine, et que cette Parole vient à l’homme sans que ce dernier puisse la produire par ses propres moyens. Le fait que la catéchèse annonce un message à recevoir dans l’écoute de la foi signifie donc que le rapport entre catéchistes et catéchisés est inégal. Non que les uns aient plus de valeur ou plus de mérite que les autres. L’égalité enter eux est en principe totale mais leurs rôles ne sont pas du même niveau.

Cette interprétation est fondée. Elle est vérifiée dans la pratique, même si c’est toujours imparfaitement. Toutefois, dans la perspective que j’ai proposée, on peut la préciser. Ce qui se joue entre les partenaires dépasse les personnes des uns et des autres. En eux, c’est Dieu et le monde ou l’Eglise qui se rencontrent. Cela me semble être fondé sur la dimension sociale et ecclésiale qu’a le processus de catéchèse. La relation catéchétique s’ouvre sur des univers de sens avec lesquels communiquent les partenaires en présence. Et c’est pour cela qu’ils peuvent communiquer entre eux.

Comment s’opère cette double communication ? Je voudrais la comprendre, dans les deux cas, comme une intersection. J’emprunte cette expression à l’herméneutique allemande (H. G. Gadamer). Comprendre peut en effet être envisagé comme un acte qui rapproche, au moins partiellement, deux domaines, par exemple celui du texte que l’on veut interpréter et celui que constitue, par son histoire et ses compétences, le lecteur-interprète. La compréhension, autrement dit, consiste à superposer deux ensembles significatifs, mais sans pouvoir jamais les confondre. Elle opère par conséquent à partir du semblable et du différent. Elle les conjoint.

Je fais l’hypothèse que cette conception herméneutique qui se multiplie aujourd’hui en de nombreuses théories de la lecture ou de la réception est suggestive pour éclairer ce que l’on appelle la communication.

Dans la catéchèse, en effet, intervient chez les catéchisés comme chez les catéchistes une intersection entre l’univers de foi qu’instaure la Parole de Dieu et eux-mêmes1. Mais les uns et les autres sont également en rapport avec l’univers culturel, éthique et social2. À ces deux formes d’intersection, il faut ajouter une troisième opération, du même type, celle qui rapproche et distingue, du point de vue de chaque conscience et du point de vue des groupes, l’univers évangélique et l’univers culturel3. Être chrétien, en effet, c’est confesser que le don révélé rejoint la création où se réalise la vie quotidienne, assez pour qu’il ne lui soit pas extrinsèque, pas trop pour qu’il n’y ait ni fusion ni confusion. Toutefois chacun a sa manière d’effectuer ces trois ordres d’action. Car, si les termes du problème sont les mêmes pour tous, les solutions adoptées ou les performances réalisées diffèrent selon les personnes, voire les moments et les groupes. C’est pourquoi, entre catéchistes et catéchisés, il faut relever une nouvelle forme d’intersection. Les uns et les autres ne se confondent pas. Leur acquis antérieur, leur expérience et leur rôle dans la catéchèse ne sont pas identiques. Les uns et les autres communiquent entre eux à partir de leur façon de communiquer avec le message divin et avec le monde où ils vivent et aussi en fonction d’articuler ces deux univers4.

Ainsi donc je propose de considérer la catéchèse comme la mise en œuvre de quatre intersections conjointes, simultanées : entre les personnes et le message de foi, entre les personnes et la culture, entre l’ordre de la foi et le monde culturel, enfin entre les personnes elles-mêmes.

On peut également dire que la « partie » de la catéchèse se joue avec quatre instances : les catéchistes, les catéchisés, l’univers de la foi à la Parole divine, l’univers de l’appartenance au monde.

Le travail catéchétique établit peu à peu des rapports avec ces instances. Dans cette opération, les catéchistes n’ont pas le monopole de l’initiative. Les catéchisés font valoir aussi leurs propres hypothèses. Mais les catéchistes ont une compétence et une mission qui les habilite à proposer. Sans pour autant vouloir que les catéchisés copient ou miment leur propre acquis de catéchistes. Les catéchisés sont d’autant mieux catéchisés, c’est-à-dire d’autant plus opérateurs dans la catéchèse, qu’ils réagissent de façon originale, en faisant valoir leur propre expérience de nouveaux chrétiens ou de chrétiens renouvelés.


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6. L’acte de catéchèse, en tant que processus de communication et d’intersection, s’effectue sur des symboliques.

Il est bien connu que la catéchèse a plusieurs composantes. Certes elle transmet un savoir. Mais elle comporte aussi des aspects de célébration, des effets de sensibilité et d’esthétique, enfin des données pratiques relatives au comportement et aux décisions à prendre. L’ennui, c’est que ces composantes sont souvent juxtaposées. On dirait parfois que le savoir, les gestes de célébration, les éléments de sensibilité ou de goût et les propositions relatives à l’action ne communiquent guère entre eux. Souvent aussi le discours catéchétique actuel est un peu polémique, voulant développer les traits de sensibilité ou, à l’inverse, plaidant pour le savoir qui serait méconnu.

Il me semble qu’une perspective de communication, celle qui affecte notre monde dans l’ordre politique ou publicitaire, a de quoi permettre de mieux intégrer ces diverses composantes. Le point de vue unificateur me semble être ici celui de la symbolique. J’entends par là une forme d’expérience où simultanément l’imagination et la relation à autrui entrent en action. La symbolique est une formation cognitive et relationnelle où l’image a un rôle dominant et où les autres éléments (le savoir argumentatif, la sensibilité, l’éthique, la célébration) sont profondément marqués par elle. Ainsi la symbolique de la recherche du vrai ou celle de l’unité. Ou encore celles du moi et de la société. Ces exemples indiquent que les images s’organisent en grappe autour d’une cellule mère qui correspond à un intérêt vital pour un individu ou un groupe.

La communication opère pratiquement sur des symboliques. Les univers de sens dont j’ai parlé il y a un instant sont en fait des groupes de symboliques liés à l’évangile ou à la culture. Il faut leur ajouter l’image même de la catéchèse qui a, elle aussi, valeur symbolique.

Comment comprendre ce travail sur des symboliques, étant admis qu’il s’agit en fin de compte d’intersections ?

Il me semble que la catéchèse va de symbolique en symbolique, d’images en images. Elle cherche à établir des connexions ou des corrélations. Cela, le plus souvent en tâtonnant, sans pouvoir prescrire a priori le résultat attendu. Elle a sans doute des plans (de type « pédagogique ») et des traditions qui lui permettent d’anticiper plus ou moins ce qui va se produire. Mais l’essentiel demeure imprévisible. Cela se comprend du point de vue anthropologique : les symboliques ne sont pas des objets manipulables selon des lois mécaniques ou physiques. Cela a surtout beaucoup d’importance évangélique et théologique : les catéchisés, tout comme d’ailleurs les catéchistes, opèrent dans le mystère.

- Pour préciser quelque peu cette procédure de tâtonnements, on peut remarquer que les symboliques, ces matrices d’intelligibilité et de relation, secrètent pour ainsi dire des harmoniques (un peu comme ces fameuses « ondes alpha » qu’émet le cerveau et qui enchantent aujourd’hui certains groupes californiens), c’est-à-dire des résonances ou des vibrations associées. Ces harmoniques sont à la fois cognitives et affectives. L’information ou le savoir y prend part (des effets de vérité, de cohérence, de prestige) tout comme la sensibilité et le cœur (des effets de jouissance, de crainte, de satisfaction). La catéchèse procède, en ce champ, par affinités, co-vibrations, dans des perspectives analogues à ce que les analyses littéraires ou les recherches sur l’inconscient nomment la métaphore et la métonymie. De la sorte des liaisons s’établissent entre l’image de soi (ou la symbolique du moi), l’image du Christ évangélique, l’image de la culture, l’image de l’Eglise etc 5.

- Je préciserai encore ce travail en notant, ce qui est aujourd’hui classique, que les symboliques ont non seulement des valences cognitives et affectives mais aussi un contenu significatif et un mode de présentation ou d’énonciation ou encore de manifestation.

Exemple : une catéchèse sur Abraham informe sur ce personnage et en fait retenir les harmoniques de foi, de confiance, mais elle s’opère également dans un contexte (y compris de groupe), sur un certain ton de parole, avec une teneur éventuelle en émotion etc. Le travail de résonance qu’accomplit la catéchèse passe donc par ces deux plans ; il utilise ces deux gammes de possibilités. L’expérience montre que parfois une connexion peut se réaliser entre l’image d’Abraham et l’image de soi-même en raison du contenu mais non pour ce qui est du ton ou de la manifestation. Alors on informe, on est informé mais on reste extérieur à ce que l’on sait. L’inverse peut arriver. Il est non moins fréquent que l’on soit « touché » par un signe, un témoignage, une figure biblique ou actuelle et que la connaissance ne soit guère mobilisée. Dans les deux cas, il y a évidemment un déficit, voire une carence.

Cela dit, la catéchèse exerce sur les symboliques une autre action. Elle ne se contente pas de réaliser des connexions, elle travaille les symboliques qui entrent en contact. Ce second rôle, peut-être plus habituellement reconnu que le précédent, est de très grande importance. Le tout est de bien percevoir qu’il ne serait pas réalisable sans ces co-vibrations ou ces harmonisations dont je viens de parler.

Cette seconde opération consiste à identifier les symboliques ou les images qui entrent en rapport. Souvent en effet elles entrent en affinité sans être clairement déterminées. Il faut donc les enrichir, expliciter leurs harmoniques, explorer leur contenu, vérifier leurs rapports, examiner leurs déficiences. Tout cela qui peut être un travail mené en même temps que la tâche de connexion implique à la fois du cognitif et de l’affectif. La part du cognitif est habituellement considérable. Il s’agit en effet de comprendre ce qui se passe, de « rendre raison » de l’effet produit par l’annonce catéchétique, de justifier intellectuellement l’adhésion ou la résistance qui monte en soi. La catéchèse se fait de la sorte rationnelle. Et cela dans l’ordre même de la communication. C’est pour mieux mener les tâches d’intersection dont j’ai parlé plus haut, que la catéchèse argumente. C’est pour mieux comprendre et faire comprendre qu’elle se fait rationnelle.


7. Inscrite dans le champ de la communication socio-culturelle, la catéchèse contribue à poser et parfois à résoudre la question de l’identité individuelle.

Le problème de l’identité est aujourd’hui majeur. Bien des gens ont de la peine à comprendre qui ils sont, quelle peut être leur vocation. La manière dont les grandes institutions, politiques ou religieuses, répondent à cette difficulté n’est pas d’une totale pertinence. Trop souvent, leur réaction est de sur-protéger en rognant la liberté de pensée ou d’action, bref en pensant pour leurs membres et adhérents. Parfois aussi les corps sociaux et les Eglises estiment qu’il faut renforcer, « re-visibiliser » leur propre identité collective, comme si l’identité réaffirmée des institutions devait forcément contribuer à l’identité des personnes.

Il me semble que la perspective et le contexte de la communication amènent à voir les choses autrement. L’identité des individus, en effet, n’est pas une affaire privée, liée à l’instrospection. Même si l’on voulait l’envisager de la sorte, les faits se chargeraient de démentir cette conception. En effet l’identité des individus se construit dans et par la communication. Non que l’individu soit le simple épiphénomène ou le clignotant rouge d’un système social. Mais il n’existe qu’en se constituant à partir de ce qui l’entoure, le traverse et le sollicite. L’individu doit à son environnement d’accéder à lui-même.

Pratiquement, l’identité personnelle naît quand quelqu’un identifie les influences qui le précèdent et le touchent. Chacun de nous est pris dans un réseau d’interactions qui se font et se défont sans nous mais dont nous sommes en partie les effets. Mais le tout est de savoir s’il faut sacrifier à un fatalisme, comme si l’individu était un produit pur et simple de la société. Je ne le pense pas. Dans la culture médiatique, nous voyons bien que les spectateurs ou les auditeurs sont moins conditionnés par les messages qu’ils reçoivent qu’on a pu le croire pendant un temps. L’individu a au moins la possibilité (fréquente) de « bricoler » ce qu’il reçoit.

Si l’on en reste ici à la situation catéchétique, on peut analyser ainsi l’établissement de l’identité individuelle telle qu’elle s’instaure par là.

- Il y a d’abord le sentiment de compter, d’avoir la possibilité d’être informé et de dire son avis. La catéchèse est un espace de parole. Oser dire fait partie de son fonctionnement et c’est l’une des chances qu’elle offre aussi bien aux catéchistes qu’aux catéchisés.

- Ensuite intervient un minimum de confiance faite à autrui. Cela n’est pas tellement banal dans le monde actuel où la défiance règle souvent les relations humaines. Voici que l’on s’accorde mutuellement du crédit. On peut ne pas être d’accord mais on ne se suspecte pas. Ou alors, si on le fait, il faut s’arrêter, recommencer autrement.

- Troisième acte : la catéchèse donne les moyens de nommer les univers de sens ou les symboliques qui opèrent dans le monde où l’on vit, qu’il s’agisse de la culture ou de l’évangile. Au lieu d’en rester à des rumeurs floues et à des « on dit » ambigus, on prend le temps et l’on se donne les possibilités d’identifier ce contexte qui précède la vie de chacun. Si bien que se réalise une certaine clarification de la situation. On sent naître le désir de se positionner soi-même. Identifier les courants auxquels on est soumis (la société) et ceux auxquels on se soumet plus librement (la tradition religieuse), cela permet de s’identifier soi-même.

Mais cette identification personnelle suppose que l’on « travaille » sur l’image que l’on se fait de soi. Souvent cette image est confuse, rongée par l’imaginaire ou aplatie par des normes qui l’écrasent. La catéchèse invite à l’élaborer. Elle en donne les moyens : elle appelle à écouter et à parler, elle invite à trouver une place par rapport à la culture et à l’évangile, elle demande de renoncer à des naïvetés survalorisant l’autonomie individuelle ou minimisant l’exigence de la relation à autrui.

C’est dans cette perspective que l’on peut comprendre ce que l’on nomme la conversion. De soi, la catéchèse n’a pas pour but de convertir les catéchisés. Ceux-ci sont soit déjà sensibilisés à la parole évangélique et à la présence du Christ soit hésitants ou incertains à l’égard d’une adhésion qui les rendrait disciples du Christ. Dans les deux cas, la décision de conversion ne relève pas à proprement parler de la catéchèse. Elle est liée au mystère de chacun, aux circonstances. Mais la catéchèse contribue à la conversion soit pour l’expliciter soit pour la rendre crédible et possible. Il apparaît en effet que se convertir c’est expérimenter que la symbolique de l’évangile est sur la même longueur d’onde que celle du moi personnel, étant entendu que l’évangile déplace l’image de soi, la dépossède de ses prétentions et lui donne un centre de gravité mystérieux, autre que celui auquel tend spontanément l’expérience individuelle.


8. Le travail de la catéchèse par rapport à l’identité individuelle se présente soit comme l’exercice ou l’entretien d’une identité chrétienne déjà acquise soit comme l’instauration initiatique d’une identité chrétienne à acquérir.

Le problème de l’identité chrétienne dans son rapport à la catéchèse implique, je viens de le souligner, que soit clarifiée la réalité de la conversion. Il est des convertis non catéchisés qui, parfois, ne le seront jamais. Il est des catéchisés non convertis, en qui l’expérience catéchétique ne déclenche pas l’expérience de foi stable et décidée qui fait les disciples du Christ. Conversion et catéchèse ne sont donc pas à confondre, quels que soient les liens manifestes qui les unissent.

Mais la question de l’identité chrétienne conduit à une autre observation, aujourd’hui de plus en plus importante. Je veux parler du rapport entre la catéchèse et l’initiation. Toute catéchèse n’est pas initiatique. Mais il est indispensable que, parfois, avec des personnes non initiées, enfants ou adultes, elle le soit. Autrement dit, la catéchèse qui ne se confond pas avec la conversion se distingue également de l’initiation.

Pour préciser ce dont il s’agit, je commencerai par définir ce que j’entends ici par initiation. Ce terme, assez discrètement employé durant l’Antiquité chrétienne et le Moyen Âge occidental, est en train de s’implanter fortement dans le langage du catholicisme. Vatican II a parlé des sacrements de l’initiation chrétienne. Plus encore la théologie pratique post-conciliaire fait grand cas de cette notion et d e cette pratique dont elle emprunte les caractères à l’ethnologie ou à l’analyse culturelle. Initier, c’est la responsabilité qu’exerce la société par rapport à ses membres jeunes. Ce processus conjoint la transmission d’un savoir, l’expérience affective d’un temps fort et privilégié, l’apprentissage de comportements adaptés à la vie commune, finalement l’identification de chacun au sein d’une identité commune. On le voit, plusieurs de ces traits rejoignent ceux qui caractérisent la catéchèse chrétienne. Ce qui est toutefois original dans l’initiation, c’est qu’elle implique une mise à distance par rapport à la vie courante (un « stage » d’initiation) et que le parcours proposé comporte des étapes très repérables et des épreuves liées à ces étapes.

On conçoit que ce programme initiatique caractérise la catéchèse lorsque les catéchisés sont au début de leur expérience chrétienne. Il s’agit, en principe, des enfants et aussi d’adultes qui sont au commencement d’une découverte du christianisme (les « catéchumènes ») ou qui, déjà baptisés et ayant pris du recul au point de « tout oublier », recommencent à croire et reprennent, au point de départ ou presque, le chemin de l’évangile et de l’Eglise. L’initiation a donc pour objectif d’assurer les bases de l’identité chrétienne. Elle le fait selon une méthode éprouvée qui permet à chacun, à travers des étapes et des épreuves, de constituer en soi une personnalité chrétienne et de pouvoir communiquer avec les autres chrétiens. La catéchèse, du coup, se colore de manière originale. En se faisant initiatique, elle fait faire un chemin fondamental où l’on peut apprendre qui l’on est, évangéliquement parlant.

À mon sens, cette catéchèse initiatique s’avère aujourd’hui indispensable, précisément dans un monde de communication. Pour pouvoir en effet prendre part à ces multiples connexions qui tissent la vie, sans « perdre son âme », il est précieux d’avoir reçu une identité que l’on ne peut se donner à soi-même par ses seules forces personnelles et qui s’acquiert au cours d’un processus adapté. Mais l’initiation suppose que l’on soit réceptif à son projet et à son programme : la disponibilité temporelle et spirituelle fait en l’occurrence souvent défaut. De plus il faut, pour en bénéficier, être volontaire ou, en tout cas, librement consentant à un usage reçu : tous les enfants en catéchèse ne sont pas dans cette situation et tous les jeunes ou adultes qui « s’intéressent » au christianisme ne sont pas forcément prêts à investir et risquer leur identité personnelle. Enfin, pour que l’initiation soit possible, il est indispensable que les corps sociaux s’en chargent et osent présenter un héritage auquel ils tiennent : à nouveau, y compris dans les Eglises, cette volonté initiatrice manque souvent aux chrétiens, y compris aux responsables.

On le voit, la chance de l’initiation est aléatoire. Que l’on n’aille pas dire que nous ne sommes plus dans des sociétés capables d’initier ! Je ne le crois pas. La culture médiatique montre, au contraire, que l’initiation est une donnée recherchée par beaucoup, même s’il n’est pas toujours facile de parvenir au but.

Cela dit, toute catéchèse n’est pas forcément initiatique ou, pour parler comme Catechesi tradendae, catéchuménale. Il y a place pour une catéchèse non initiatique, quand les catéchisés sont déjà initiés suffisamment, quand ils ont accompli le parcours et qu’ils en conservent les traces. On peut alors parler d’une catéchèse d’entretien ou d’approfondissement. Elle n’est pas sans rapport avec l’initiation. Mais elle la présuppose. De ce fait, elle peut prendre un autre ton et un autre style.

Si je souligne ici l’enjeu de l’initiation, c’est parce qu’il me semble appelé par une perspective de communication. Si en effet toute catéchèse a pour effet de contribuer à l’identité personnelle grâce aux échanges « communicationnels », il faut reconnaître que la forme actuellement dominante de communication, celle que l’on nomme communication de masse, tend à déconsidérer et à marginaliser les procédures initiatiques. Pour la communication de masse, ou bien on peut communiquer sans initiation, immédiatement, directement, ou bien on est susceptible de s’initier soi-même, tout seul, dans une sorte de « self » et « fast » initiation. Il y a là sans doute une illusion. Nos contemporains plongés dans le tourbillon médiatique sont certes informés, affectivement massés par les médias, socialement rapprochés par eux. Mais il leur manque la possibilité d’être guidés pour assumer ces possibilités et pour faire émerger en ces contextes leur nom propre 6.


9. Dans l’ordre de la communication, la catéchèse chrétienne est amenée aujourd’hui à témoigner pour la vérité.

Le fait est patent. Dès que l’on envisage cette forme de notre existence que l’on appelle la communication, se pose la question du vrai. On craint, et légitimement, que la vérité ne soit définie par la loi du grand nombre. En ce sens, l’opinion publique serait l’expression qu’elle prendrait pratiquement à un moment donné. D’autre part, seconde inquiétude, on se demande souvent si le vrai qui est impliqué dans la communication n’est pas corrompu ou au moins menacé par l’affectivité, la séduction, voire la manipulation qui affectent toujours, plus ou moins, les relations sociales.

C’est dans ce contexte qu’il faut aujourd’hui positionner la catéchèse. Celle-ci est traditionnellement habituée à se rapporter au vrai du point de vue de la révélation qui la fonde. Sa vérité, pense-t-elle, tient à sa source. Elle est en Dieu qui se communique à l’humanité, la catéchèse ayant seulement pour rôle de transmettre le message divin aux sociétés et aux individus qui habitent et font l’histoire. Tout cela est exact mais unilatéral. En réalité, le problème de la vérité en catéchèse est plus complexe. Il ne se pose pas seulement du côté de la source révélatrice, il s’ouvre également par rapport aux acteurs qui sont impliqués dans le processus catéchétique. Ces acteurs sont immédiatement les catéchistes et les catéchisés, les uns et les autres intervenant activement dans l’opération menée.

Ainsi donc, quand on se demande comment la catéchèse fait la vérité, la question est à bien poser. On peut, certes, selon le schéma classique de la communication, envisager le « destinateur » qu’est Dieu et les « destinataires » que sont les humains. À condition toutefois, que ces destinataires soient à la fois les catéchistes et les catéchisés. Pas seulement les catéchisés, car les catéchistes sont eux aussi auditeurs et récepteurs de cette Parole qu’ils annoncent. Mieux vaut cependant comprendre la situation en termes d’opération. Dans cette perspective, deux actions conjointes sont à examiner : comment catéchistes et catéchisés se rapportent-ils à la source qu’est la Parole divine ? et, d’autre part, comment les uns et les autres entrent-ils en rapport avec la Parole les uns grâce aux autres, les catéchisés grâce aux catéchistes et les catéchistes grâce aux catéchisés ? Les deux actions sont simultanées, elles ne sont pas successives. Mais, pour la clarté, il est préférable de les distinguer.

- Commençons donc par percevoir comment la catéchèse se réfère à sa source. Il apparaît d’abord que catéchistes et catéchisés sont ensemble précédés par une initiative parlante de Dieu. Ce qu’ils expriment dépend d’une intervention divine préalable qui autorise leur propre parole. Avant de parler, on pourrait dire qu’ils « sont parlés ». Ce qu’ils affirment ou ce qu’ils murmurent s’articule dans le champ ouvert de la Parole primordiale et fait écho à cette Parole. J’ajoute que l’acte de Dieu qui se communique a, en l’occurrence, un effet de mise en relation ou de rassemblement. Non seulement catéchistes et catéchisés sont précédés par la Parole divine mais l’initiative de cette Parole a pour effet qu’ils entrent en relation et se parlent entre eux. La catéchèse résulte en effet de ce préalable. Les personnes en présence n’ont, en fin de compte, pas d’autre motif d’entrer en relation que l’appel reçu par les uns et les autres pour faire ensemble une œuvre de foi.

- En deuxième lieu, la relation de la catéchèse à sa source fait apparaître un décalage statutaire, inévitable entre Dieu qui parle et les humains à qui ils parlent. Nul sur terre n’entend tout ce que Dieu veut dire. Nul ne peut se flatter d’être un témoin exhaustif du mystère dans lequel il est enveloppé. Bien sûr, on peut supposer que les catéchistes se veulent fidèles et, autant que possible, objectifs. On peut également penser que les catéchisés reçoivent plus qu’ils ne savent ou n’osent dire. Tout cela importe. Mais demeure un écart entre la parole humaine et la Parole divine. C’est bien d’ailleurs pour cette raison que la Bible est un élément essentiel de la catéchèse. Elle représente un détour par les origines, par le commencement, comme si l’actualité de la foi, forcément partielle, devait sans cesse se confronter à « ce temps-là », à ce « in illo tempore », pour ne pas s’idolâtrer soi-même.

- Reste alors à percevoir comment catéchistes et catéchisés opèrent leur écoute de la Parole et l’expression qu’ils en donnent en bénéficiant, les uns et les autres, de leur relation ou de leur communication réciproque. La catéchèse a depuis longtemps médité sur la mission reçue par les catéchistes. L’Eglise les habilite ou les envoie. Cela autorise leur action et aussi les appelle à ne pas rester prisonniers dans leur propre subjectivité. Pour eux, le fait d’avoir à « dire l’évangile » est une sollicitation à recevoir plus complètement ou plus objectivement cette Parole. C’est donc grâce aux catéchisés qu’il leur est donné, en principe, de devenir eux-mêmes plus évangéliques. Mais la catéchèse habituelle oublie trop souvent de relever un fait complémentaire, je veux parler de ce que les catéchisés « apportent » aux catéchistes, au-delà d’une invitation à mieux recevoir l’évangile. On peut estimer en effet que les catéchisés font valoir certains aspects de la Parole de Dieu et qu’ils sont probablement les mieux placés pour les expérimenter. Les voici comme des « nouveaux venus » dans le champ évangélique, sans habitude ni routine. Leurs maladresses ou leurs réactions surprenantes tout comme leurs enthousiasmes et leur émerveillement sont signes d’un évangile vivant que les catéchistes reçoivent en partie d’eux.

- J’ajouterai en ce sens que les catéchistes et les catéchisés sont d’autant plus évangélisateurs les uns pour les autres que des tiers interviennent dans leur relation. Celle-ci n’est pas un vis-à-vis clos. Elle passe par des figures de témoins bibliques (Abraham, Moïse, Jésus etc.) et par des figures actuelles, celles des membres de l’Eglise et celles de personnes appartenant à la société. Le rapport à ces « tiers » n’est évidemment pas tout à fait le même que pour les catéchistes et les catéchisés. Ce qui contribue à entretenir leur écart et à faire de cette différence une chance pour les uns et les autres.

Compte tenu de ces analyses, je peux revenir maintenant aux craintes exprimées il y a quelques instants au sujet de la vérité dans la communication. Je dirai de ce point de vue que la catéchèse n’échappe jamais totalement aux risques énoncés plus haut. Elle est plus ou moins sensible à l’opinion publique (slogans du moment, image de la catéchèse dans un groupe donné etc.) et surtout elle engage forcément des jeux de séduction et des rapports partiellement imaginaires. Mais il se trouve que la situation catéchétique est structurée de telle manière qu’elle est en mesure d’éviter les dérapages les plus graves. Cela parce qu’elle se réfère à une Parole qui est toujours autre que les catéchistes et les catéchisés et parce qu’elle fait intervenir des tiers qui évitent les court-circuits trop dangereux. Pour sa part, il est donc légitime de considérer que la catéchèse « fait la vérité », au sens évangélique du terme, c’est-à-dire en la recevant7 .


10. Conçue en termes de communication, la catéchèse implique un « code de bonne conduite » sans lequel elle remplit mal sa mission. Un tel « cahier des charges » demanderait évidemment bien des précisions qui dépassent le cadre de cette étude. Je voudrais simplement esquisser quelques éléments aujourd’hui importants.

a- la catéchèse est une entreprise de communication humaine qui est portée par une autre stratégie de communication, celle de Dieu avec les hommes. Elle n’existerait pas sans l’Alliance et sans l’annonce évangélique. Par conséquent, sans renoncer à ses responsabilités socio-culturelles et psycho-pédagogiques, elle se sait traversée par l’énergie divine. Dieu est à l’œuvre quand elle se met à la tâche. La Parole qu’elle cherche à écouter peut faire fond sur la mystérieuse présence de l’Esprit Saint dans le cœur des catéchisés comme dans celui des catéchistes.

b- Il n’est pas judicieux de survaloriser la catéchèse mais il n’est pas non plus convenable de ne pas l’instituer autant qu’il est possible. Les Eglises ont une responsabilité catéchétique qui fait partie de leur mission dans le monde.

Il pourrait y avoir une survalorisation si l’on estimait que la catéchèse suffit à tout pour que l’évangile soit annoncé, pour que la « mémoire » du Christ soit assurée et pour que la foi chrétienne soit vivante. D’autres réseaux de communication sont pour cela, indispensables. Je pense à l’information médiatique (journaux, bulletins, radio, TV etc.) qui entretient une rumeur ou un spectacle et qui, ce faisant, maintient ouverte la possibilité d’un intérêt dépassant le pittoresque ou l’anecdotique. Je pense également à ce que l’on appelle la formation qui est plus technique que la catéchèse en ce sens qu’elle a un but d’approfondissement ou de préparation à un rôle ecclésial.

Pour éviter une éventuelle survalorisation de la catéchèse, il me semble qu’il faut proposer des « contrats » déterminant clairement pour les parties intéressées (catéchistes et catéchisés, institution ecclésiale) des objectifs et des moyens. Autrement dit, la catéchèse doit autant que possible déterminer ce qu’elle veut réaliser et donc ce qu’on peut attendre d’elle. On n’entre pas en catéchèse sans s’en rendre compte. Sinon, c’est la confusion et, très vite, la déception. Il est donc indispensable, pour des enfants comme pour des adultes, de dire en clair un minimum de « règles du jeu » (assiduité, inter-action). Toutefois un contrat de catéchèse ne saurait être trop exigeant. S’il pèche de la sorte, il risque bien de ne pas permettre une communication effective. Au nombre de tels excès, je vois deux pratiques inquiétantes.

- La première, c’est de considérer que la catéchèse suppose la foi, comme l’indique Catechesi tradendae, n° 19. À mon sens, cette exigence est indue, au moins pour commencer, car il est possible que certains de nos contemporains veuillent entamer loyalement un parcours sans pouvoir dire au départ s’ils sont réellement croyants. On dira, certes, qu’ils relèvent alors de la « pré-catéchèse ». Mais j’ai peur que la distinction entre catéchèse et pré-catéchèse ne demeure formelle et d’usage difficile. Et surtout je ne vois pas très bien ce qu’elle apporte. Le tout, c’est simplement que l’on soit d’accord pour écouter et dire une Parole dont les chrétiens disent qu’elle est divine et dont on pressent qu’elle peut avoir des effets vitaux dans l’existence commune.

- Seconde pratique discutable : envisager la catéchèse selon la norme du « tout ou du rien ». Et par conséquent on va, dans cette perspective, considérer que les catéchisés doivent devenir forcément des pratiquants dominicaux. Ou bien on va déplorer qu’un parcours catéchétique qui avait bien commencé s’interrompe trop tôt et l’on estime un peu vite que le temps investi de la sorte a été perdu. À mon avis, ces exigences sont excessives. Certes, il est dans l’expérience chrétienne une logique évangélique qui conduit au devoir et même au goût de l’assemblée dominicale. Certes, un contrat de catéchèse implique en principe que l’on aille jusqu’au bout de ce qui est prévu. Mais aujourd’hui, ces deux formes de cohérence ne sont pas perçues par tous. Leur non compréhension toutefois ne rend pas vain ou nul le travail catéchétique.

Cela dit, les Eglises ont aujourd’hui à proposer la catéchèse, surtout là où elle ne va pas de soi. Il y a une opération à faire en ce sens en direction de l’opinion publique. Parfois même il faut aller à la rencontre de demandes encore mal articulées. Je pense en particulier à la catéchèse des adultes, spécialement à la catéchèse des commençants ou des recommençants.

- c- un troisième élément du code de bonne conduite de la catéchèse « communicationnelle » me paraît être le soin apporté à la qualité des échanges. En catéchèse, les échanges sont originaux. Ils supposent, je l’ai dit, une relation où les rôles ne sont pas identiques : il y a des catéchistes et des catéchisés. Ils demandent un contrat de travail : il ne s’agit pas de conversation « à bâtons rompus ». Ils supposent que l’on produise réellement une expérience et une formulation de la foi, tout en recevant une Parole que nul n’invente. Pour que cette originalité soit respectée et honorée, certaines pratiques s’avèrent indispensables. Je ne veux pas en dresser une longue liste. D’autant moins que le risque serait grand de multiplier les « trucs » pratiques ou les recettes, en oubliant que l’essentiel est l’esprit, le ton d’énonciation, les harmoniques imprévisibles du message en circulation. Mais on peut du moins repérer quelques soucis à ne pas négliger.

Par exemple, il me semble que la communication catéchétique suppose, de part et d’autre, la patience des reformulations ou encore des doubles formulations. Reformuler ce que l’on a compris dans ce que veut dire l’autre, le vis-à-vis, permet de demander confirmation de ce que l’on a saisi et de s’expliquer à soi-même ce que l’on a reçu. Quant à ce que j’appelle les doubles formulations, le souci en est simple. Il s’agit de s’efforcer d’exprimer ce que l’on veut dire au moins de deux manières différentes, d’abord parce que cela permet de mieux entrer dans le sens de ce qui se dit et ensuite parce que cela prépare les multiples formulations qu’appelle la vie au-delà de la catéchèse.

Autres exemples : une catéchèse a beau se vouloir affirmative, elle ne peut ignorer les difficultés qui tiennent aujourd’hui à l’incroyance ou à l’indifférence – une catéchèse à beau chercher à éviter un caractère systématique qui ferait peur, elle ne peut méconnaître qu’il est parfois indispensable pour les catéchistes comme pour les catéchisés de faire le point et d’unifier ce qui est mis en circulation dans une relation ou un groupe.


11. À titre de conclusion, un souhait : que la catéchèse chrétienne soit plus communicationnelle.

On dit couramment que la catéchèse cherche à communiquer la foi. Cette formule est maladroite. D’abord parce que c’est Dieu qui peut seul permettre de croire. Ensuite parce que la catéchèse est une communication dans la foi plus qu’une communication de la foi. Ou, pour mieux dire, c’est une opération qui s’inscrit dans les multiples réseaux de communication de la vie sociale et personnelle. Le souhait, par conséquent, c’est qu’elle ose prendre en compte le contexte réel où elle se réaliser, au lieu de s’enfermer dans une serre chaude et artificielle.

Mon deuxième vœu sera en direction de l’œcuménisme. Pour l’heure, la catéchèse reste en général strictement confessionnelle. L’œcuménisme peut être l’un de ses thèmes, ce n’est pas la forme habituelle de son exercice. Ne serait-il pas bon que la situation même de la catéchèse soit, chaque fois que c’est possible, pluriconfessionnelle, puisque telle est la situation des chrétiens dans le monde actuel ?

J’ai un troisième souhait. C’est que l’on ne se demande pas seulement comment la communication, comprise au sens le plus global, peut stimuler, éclairer et même provoquer la catéchèse. Certes cela est indispensable et j’ai essayé de m’en expliquer. Mais je crois que l’on doit pouvoir peu à peu aller plus loin et oser se demander comment la catéchèse, en tant que situation caractérisée et originale, pourrait permettre de comprendre quelque chose de la communication sociale dans son ensemble8. Il y a là une réciprocité normale. Si la catéchèse emprunte à la communication, n’est-il pas légitime qu’elle lui apporte en retour, sans prétention, quelque chose de ce qu’elle expérimente, par exemple à propos de la référence à une parole fondatrice ou du point de vue de l’initiation ?


Henri Bourgeois, Professeur à la Faculté de Théologie de Lyon (théologie dogmatique et pratique) et directeur du catéchuménat catholique des adultes dans le diocèse de Lyon, Animateur du groupe d’études en théologie de la communication nommé Médiathec.

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_1. Revue Concilium, n° 111, 176 et 194.

_2. Catechesi tradendae, exhortation apostolique de Jean-Paul II, 16-10-1979.

_3. Conseil international pour la catéchèse, La catéchèse des adultes dans la communauté chrétienne, Rome, LIb. Ed. Vaticana, 1990.

_4. Henri Bourgeois. On becoming Christian. Christian initiation and its Sacraments. St Paul Publications, Middlegreen (England), 1984.

_5. A. Dulles, The reshaping of catholicism, Harper and Row, 198.

_6. B. Munsey (ed), Moral and Development, Moral Education and Kohlberg. Rdeligious Education Press, 1980.

_7. The Church : Communion, Sacrament, Communication, New York, Paulist Presss, 1985.

_8. Revue Media Development, 1981, 28/4.


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Notes

[1]Dans le ms. d’Henri Bourgeois, les notes sont placées à la fin de l’article. Et seuls sont positionnés les appels des 4 premières notes. Dans l’impossibilité de consulter l’édition de ce texte, on a placé les appels des notes 5-8 à la fin des paragraphes concernés.


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