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Lectures

LECTURES & POINTS DE VUE

Lire, c’est découvrir,

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se laisser rejoindre et déplacer par une rencontre…

Des amis d’Henri Bourgeois partagent ici leur lecture de tel ou tel livre.

Parfois un bref écho, parfois un vrai compte-rendu du chemin parcouru en pensée.

Lire c’est aussi relire,

donner forme à une interprétation ou un point de vue personnels.

L’un ne va sans doute jamais sans l’autre.

Redonnons envie de lire…,

répétait Henri Bourgeois.


Organisation

Cette rubrique se présente à la fois comme une aide à la lecture et comme lecture effective.

Les éléments utiles peuvent être :

- des recensions : Recensions.
- des analyses dégageant la pensée d’un écrit et son argumentation : Analyses ;
- des guides de lecture : Guides ;
- des essais ou points de vue concernant un ensemble de titres : Essais et Interprétations.

Quatre sous-rubriques sont donc ouvertes.

On trouvera aussi des actualisations ou prolongements de ces réflexions, sous la rubrique Amitiés Henri Bourgeois, en particulier sous le titre Perspectives.

L’apport principal est, pour le moment, procuré par les amis d’Henri Bourgeois, mais l’exploration de ses écrits est encore loin d’être achevée, leur capacité d’inspiration est vive, et notre souhait est que d’autres lecteurs puissent contribuer à enrichir ces pages par un écho de leurs lectures : quelques lignes ou un article…


Une invitation d’Henri Bourgeois…

Redonnons envie de lire

De divers côtés, on s’intéresse actuellement au destin de la lecture dans notre pays. Mais, comme il n’existe pas de recensement des lecteurs, on ne sait trop si c’est vraiment la télévision qui ronge le papier à lire ou si ce qui est imprimé n’est plus très intéressant pour beaucoup aujourd’hui.

En tout cas, on lit moins et on regarde plus.

Peut-être d’ailleurs la lecture est-elle en train de changer de sens. Le journal l’emporte sur la revue et la revue sur le livre. Ce dernier dure peu, c’est un objet de consommation, vite parcouru, vite abandonné, parfois vite retourné par les librairies. Bien des gens préfèrent les magazines, plus brefs, plus proches, voire les journaux dont les suppléments présentent avec le choc ou le chic des photos ce qu’il faut savoir sur tel ou tel point d’actualité. Certains désormais sont plutôt portés à lire sur l’écran d’Internet que sur le papier de l’imprimerie. Quelques-uns disent apprécier plus les cassettes ou les CD que les supports écrits.

Dans ce contexte, le livre religieux est, lui aussi, en difficulté.

Quoi de plus normal ? Avec d’ailleurs quelques particularités qui n’arrangent guère sa situation.
- Le public qui a le goût et les moyens d’acheter des livres religieux prend de l’âge.
- Bien des fervents de la lecture préfèrent à des textes d’analyse sur le mystère chrétien ou sur ses formes ecclésiales des témoignages ou des propositions de prière, des méditations spirituelles ou bibliques et, parfois ces ouvrages non chrétiens qui renouvellent un peu les habitudes et le panorama.
- Le clergé est fort occupé, journaux et revues lui semblent habituellement suffire pour rester au courant.
- Quant aux laïcs engagés dans la pastorale, ils ont souvent trop peu de temps et aussi trop peu d’argent pour ajouter aux sessions de formation permanente quelques lectures au long cours, en dehors de quelques romans ou de quelques livres qui leur plaisent et en plus des outils habituels de travail.

Si l’on s’en tient au livre religieux et au risque de ne pas assez nuancer les situations concrètes, on peut probablement dire qu’il y a au moins un problème car il n’est pas sûr que la lecture brève ou rapide et plus encore l’absence de lecture n’aient pas, à la longue, quelques inconvénients. Mais que faire pratiquement si l’on ne veut pas se contenter de gémir sur le temps présent ? Certains éditeurs rêvent de nouveaux auteurs. Et, certes, le souhait n’est pas sans fondement. Mais ce sont surtout de nouveaux lecteurs ou de nouvelles lectrices qui sont attendus.

◩ Alors je me dis qu’il y a peut-être quelques éléments de la vie des chrétiens qui pourraient être réexaminés.

- Le premier se pratique dans un certain nombre de centres sociaux, de bibliothèques municipales et de paroisses. Il s’agit de groupes de lecture. Sous des formes diverses, des personnes qui ont lu ou souhaitent lire tel ou tel livre mettent en commun leurs goûts et parfois aussi leurs réflexions et leurs questions.

- Est-ce que cette formule ne devrait pas être développée dans le catholicisme français ? Surtout si elle va plus loin que l’échange spontané d’impressions et si elle permet un certain travail commun, intellectuel en même temps que spirituel. Le paradoxe du moment est que l’on suscite aujourd’hui des groupes de parole mais que les groupes de lectrices et de lecteurs sont finalement trop rares.

- En second lieu, il est un souhait que l’on peut adresser à ces personnes que l’on nomme prescripteurs, c’est-à-dire les journalistes qui publient des comptes-rendus mais aussi les libraires qui conseillent et orientent les choix de lecteurs parfois indécis ou hésitants.

_N’y a-t-il pas trop de recensions banales ou conventionnelles qui n’apportent pas grand–chose ? Étant donné que, dans l’abondante production actuelle, bien des textes se redoublent ou sont au moins voisins, ne faudrait-il pas clarifier plus ce que peut apporter chaque livre ?

◩ Sans doute faut-il également être prudent dans les avis donnés. Ainsi j’ai été étonné de trouver dans une revue éditée par des libraires une liste de 50 « fondamentaux », entendez des ouvrages majeurs en matière religieuse. Curieusement, la dite liste ne relève rien sur l’histoire chrétienne et pas grand-chose sur les débats actuels de l’Eglise. _Quels critères ont été utilisés pour établir cette nomenclature ? Et plus encore, est-il souhaitable d’imaginer une liste de base sans que l’on sache à quel genre de lecteurs elle peut s’adresser ?

On me dira que les journaux et revues ne sont pas des bulletins bibliographiques. C’est exact. Mais ils contribuent à informer et à guider.

Dès lors, n’est-il pas très utile, de temps en temps, que soient établies quelques évaluations d’ensemble sur tel ou tel domaine de la vie chrétienne, en n’oubliant pas de marquer le rapport entre les questions religieuses et tel ou tel courant de pensée ou de sensibilité dans la société ?

◪ Enfin, je me demande si les lecteurs ne devraient pas prendre plus contact avec les auteurs, notamment en leur écrivant. Cela est sans doute superflu pour bien des livres et bien des lecteurs.

Mais ce peut être précieux en des cas où l’on souhaite prolonger la conversation. Je ne sais si tous les auteurs seraient de cet avis. Mais je souhaite que cette pratique n’apparaisse pas indiscrète et que les lettres de lecteurs, quand elles prennent l’initiative d’un prolongement de la lecture, puissent susciter habituellement quelque réponse.

Faut-il encore lire ? Oui, sans doute. Mais si nous réinventions la lecture ?

Henri Bourgeois, Théologien

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